La France a connu en 2025 une hausse inédite des cas de maladies transmises par des moustiques, avec un pic marqué pour le chikungunya en métropole. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de rester vigilants : l’implantation du moustique tigre et l’arrivée de cas importés facilitent désormais des épisodes de transmission locale qui exigent une attention accrue des habitants et des professionnels de santé.
Sommaire
Arboviroses : définitions simples et vecteurs concernés en France
Les arboviroses sont des infections virales transmises par des arthropodes, principalement des moustiques. En France métropolitaine, deux situations dominent :
- Le chikungunya et la dengue, transmis surtout par le moustique tigre Aedes albopictus. Le chikungunya provoque typiquement de la fièvre et des douleurs articulaires.
- La fièvre West Nile (virus du Nil occidental), transmise par des moustiques du genre Culex, responsable de fièvres et, dans de rares cas, d’atteintes neurologiques.
Chiffres clés de 2025 et signaux qui ont alarmé les autorités
L’année 2025 a été qualifiée d’« exceptionnelle » par la direction des maladies infectieuses de Santé publique France. Voici les éléments factuels rapportés :
| maladie | Cas autochtones en métropole (2025) | Particularités |
|---|---|---|
| Chikungunya | 809 | 26 fois plus qu’en 2024 ; 81 foyers de transmission locale, forte concentration en Provence‑Alpes‑Côte d’Azur |
| Dengue | 30 | Nombre de cas autochtones beaucoup plus faible |
| Virus du Nil occidental (West Nile) | 62 | Cas recensés dans 17 départements ; extension vers le nord (Ile‑de‑France, Normandie pour la première fois) |
Pourquoi la métropole a‑t‑elle vu une telle hausse en 2025 ?
Plusieurs facteurs, soulignés par les autorités, ont contribué à la situation :
- L’épidémie importante dans l’océan Indien (notamment La Réunion) a généré un afflux de cas importés vers la métropole, favorisant des introductions du virus.
- L’implantation du moustique tigre en métropole, documentée depuis son arrivée en 2004, s’est étendue : il est désormais signalé dans un grand nombre de départements, ce qui augmente les points possibles de transmission locale.
Ces éléments expliquent l’augmentation du risque de transmission locale sans pour autant constituer une preuve unique de causalité — ils sont des facteurs de pression d’épidémie identifiés par les autorités sanitaires.
Que signifie la période de surveillance renforcée (1er mai‑30 novembre) ?
Chaque année, les services de santé activent une surveillance accrue des arboviroses entre le 1er mai et le 30 novembre : c’est la période où l’activité des moustiques vecteurs est généralement la plus élevée en métropole. Pendant ces mois, autorités, professionnels de santé et population sont invités à :
- augmenter la vigilance sur l’apparition de cas suspects ;
- renforcer la prévention individuelle et collective contre les piqûres ;
- signaler et enquêter rapidement sur tout foyer local suspect afin de limiter la propagation.
Mesures pratiques recommandées pour réduire les risques
Les autorités rappellent des gestes simples, applicables au quotidien, pour limiter la présence de moustiques et réduire les piqûres :
- Éliminer les eaux stagnantes (coupelles, bidons, gouttières obstruées, etc.) où les moustiques pondent.
- Protéger les fenêtres par des moustiquaires et utiliser des répulsifs adaptés si nécessaire.
- Surveiller l’apparition de symptômes inhabituels (fièvre, douleurs articulaires intenses pour le chikungunya) et consulter un professionnel de santé en cas de doute.
- Informer les autorités sanitaires locales si vous observez des regroupements de cas pour permettre une réponse rapide.
Attention : ces conseils sont d’ordre général et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Rôles des soignants et des autorités locales
Les professionnels de santé sont invités à rester attentifs aux signes cliniques évocateurs et à déclarer les cas suspects aux cellules de veille locales. Les autorités locales, quant à elles, participent aux actions de lutte anti‑vectorielle et de communication auprès de la population pour diminuer le risque de foyers épidémiques.
Cet article présente des informations générales sur les arboviroses en France et ne remplace pas un avis médical ou une communication officielle de santé publique.
FAQ
- Comment le chikungunya se transmet‑il ?
Par la piqûre de moustiques infectés, principalement Aedes albopictus en métropole. La transmission se fait de personne à moustique à personne. - Le moustique tigre est‑il présent partout en France ?
Il a progressivement colonisé une grande partie de la métropole : il est signalé dans de nombreux départements, ce qui augmente le risque de transmission locale où il est implanté. - Quels symptômes doivent m’alerter ?
Le chikungunya se manifeste souvent par fièvre et douleurs articulaires intenses. En cas de fièvre soudaine après un voyage ou en période d’activité des moustiques, consultez un professionnel de santé. - La période à risque pour les moustiques vecteurs ?
La surveillance renforcée en France court du 1er mai au 30 novembre, période durant laquelle l’activité des moustiques est la plus élevée. - Les voyages favorisent‑ils l’apparition d’épidémies locales ?
Oui : des cas importés peuvent introduire un virus dans une zone où le moustique vecteur est présent, puis générer des transmissions locales si les conditions le permettent.
Etude publiée dans Santé publique France
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