Les moustiques tigres, les tiques et autres arthropodes piqueurs sont de plus en plus présents et, parfois, vecteurs de maladies. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a publié des recommandations récentes pour la « protection personnelle antivectorielle » : voici une synthèse pratique pour comprendre quelles mesures privilégier selon les situations et comment les mettre en œuvre en limitant les risques.
Sommaire
Priorités simples et règles à retenir
La prévention repose sur plusieurs niveaux complémentaires : prévenir l’entrée des vecteurs, limiter les contacts et, lorsque nécessaire, utiliser des produits chimiques autorisés. Aucune mesure n’offre une protection totale : il faut donc associer plusieurs moyens (vêtements, moustiquaires, répulsifs homologués, actions sur l’environnement).
Quelques principes rapides à garder en tête :
- Privilégier d’abord les protections physiques (vêtements couvrants, moustiquaires, écrans aux fenêtres).
- Utiliser uniquement des répulsifs cutanés disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM).
- Adapter la mesure au risque : nuisance locale, circulation d’un arbovirus, ou séjour en zone palustre n’impliquent pas les mêmes choix.
Vêtements et comportement : protections mécaniques efficaces
Le port de vêtements longs et amples, de couleur claire, constitue une barrière simple et efficace contre beaucoup d’arthropodes. Rentrez le bas du pantalon dans les chaussettes et portez des chaussures fermées lorsque vous êtes en milieux herbeux ou boisés. Un chapeau réduit le risque de piqûres de tiques au niveau du cuir chevelu, notamment chez les enfants.
En intérieur, la pose de moustiquaires aux ouvertures (fenêtres, portes) diminue l’entrée des Aedes albopictus (moustique tigre) et des Culex spp., utiles tant en France métropolitaine qu’en zone tropicale.
Répulsifs cutanés : lesquels sont recommandés et comment les utiliser
Seuls trois principes actifs sont mentionnés par le HCSP comme disposant d’une AMM en France pour une utilisation cutanée : DEET (N,N‑diéthyl‑m‑toluamide), IR3535 et KBR3023 (icaridine). Ces produits perturbent le repérage de l’hôte par l’arthropode et sont recommandés lorsque le risque de transmission est significatif ou que la nuisance est importante.
| Produit | Usage recommandé | Conseils pratiques |
|---|---|---|
| DEET, IR3535, icaridine (AMM) | Répulsif cutané pour parties découvertes en cas de risque | Privilégier la lotion ; respecter la notice, les classes d’âge et le nombre d’applications |
| Produits « naturels » (huiles essentielles, HEC/PMD) | Non recommandés à l’usage courant | Pas d’AMM pour l’HEC en France actuellement ; volatilité et risques allergiques/phototoxiques |
Points d’application et précautions essentielles :
- Appliquer la protection solaire au moins 20 minutes avant le répulsif ; ne pas superposer simultanément les deux produits.
- Éviter de vaporiser un spray directement sur le visage : pulvérisez dans les mains puis étalez en évitant yeux et bouche.
- Vérifier le numéro d’AMM et la concentration indiqués sur l’emballage ; emporter des produits achetés en France lors de voyages vers des pays où la réglementation diffère.
Moustiquaires : quel type choisir selon la situation
Les moustiquaires restent un outil majeur, à adapter au contexte :
- Moustiquaires de tête : utiles en zones fortement infestées comme protection complémentaire.
- Moustiquaires aux ouvertures (portes/fenêtres) : recommandées en intérieur pour limiter les piqûres d’Aedes albopictus et de Culex.
- Moustiquaires de lit non imprégnées : fortement conseillées en période épidémique d’arboviroses pour protéger les personnes alitées, les nouveaux-nés et les femmes enceintes, et pour prévenir la transmission par une personne en phase virémique.
Cas particulier des moustiquaires imprégnées :
- Les moustiquaires imprégnées de pyréthrinoïdes à longue durée d’action (MILD) sont recommandées pour les voyageurs et résidents en zones de transmission du paludisme et sont utiles contre certains phlébotomes lorsque les mailles fines ne sont pas tolérées.
- En raison d’une toxicité documentée des pyréthrinoïdes (par exemple la perméthrine), l’imprégnation vestimentaire par perméthrine n’est plus recommandée et les moustiquaires imprégnées doivent être utilisées avec précaution chez les asthmatiques, les femmes enceintes et les enfants de moins de 3 ans, sauf en zone impaludée où le rapport bénéfice/risque reste favorable.
- Fixer correctement la moustiquaire pour éviter tout contact direct avec la peau, et limiter le lavage pour ne pas rejeter de substances dans l’eau de lavage.
Dispositifs domestiques et méthodes d’appoint : efficacité et limites
Plusieurs dispositifs sont proposés dans le commerce ; le HCSP classe clairement ceux à privilégier et ceux à éviter :
- Climatisation et ventilateurs : réduisent l’activité des moustiques et perturbent leur vol. Efficaces comme mesures complémentaires mais insuffisants seuls.
- Diffuseurs électriques d’insecticides et plaquettes chauffantes : contiennent le plus souvent des pyréthrinoïdes. Ils peuvent être utilisés uniquement si le produit a une AMM en France et en complément d’autres mesures ; éviter l’exposition des nourrissons, femmes enceintes et personnes asthmatiques.
- Aérosols (bombes) pour la pulvérisation préventive : non recommandés en prévention, leur AMM en France étant limitée à des usages de pulvérisation directe sur l’insecte.
- Méthodes peu ou pas efficaces : bracelets « répulsifs », ultrasons, homéopathie, ingestion d’ail ou vitamine B1, bougies à la citronnelle (effet limité). Ces méthodes ne sont pas recommandées pour la protection antivectorielle.
Agir sur l’environnement : réduire les gîtes larvaires et limiter les tiques
La diminution des populations locales de moustiques et de tiques passe par des actions simples et efficaces :
- Éliminer ou vider régulièrement les récipients stagnants (caches d’eau, pots, soucoupes, gouttières) ; combler ou rendre étanches les lieux propices à la ponte.
- Dans les abords de l’habitat, réduire les herbes hautes, broussailles et tas de feuilles pour limiter l’activité des tiques ; tenir chiens et autres animaux domestiques traités à distance des zones de repos humaines.
Ces mesures environnementales diminuent la densité des vecteurs et complètent la protection individuelle.
Contexte épidémiologique en France : selon le bilan 2025 de Santé publique France, des cas autochtones d’arboviroses et d’infections transmises par les moustiques et tiques ont été observés (par exemple des cas autochtones de chikungunya, dengue, infections à virus du Nil occidental, et une augmentation des cas d’encéphalite à tiques). La borréliose de Lyme reste très fréquente avec environ 40 000 diagnostics annuels en médecine générale.
Rappel important : aucune mesure relative à la protection antivectorielle ne remplace les autres mesures de prévention (vaccinations, chimioprophylaxie antipaludique) lorsque celles-ci sont indiquées.
Disclaimer : cet article résume des recommandations générales. Il ne remplace pas un avis médical personnalisé. En cas de situation particulière (grossesse, jeune enfant, maladie chronique, séjour en zone endémique), consultez un professionnel de santé pour adapter les mesures.
FAQ (questions fréquentes)
- Quels répulsifs sont sûrs et autorisés en France ?
Le HCSP recommande d’utiliser uniquement des répulsifs cutanés disposant d’une AMM : DEET, IR3535 et icaridine. Respectez les indications d’âge, la concentration et la notice figurant sur l’emballage. - Puis‑je utiliser des huiles essentielles contre les moustiques ?
Les huiles essentielles ne sont pas recommandées : elles sont volatiles, parfois allergisantes ou photosensibilisantes, et aucune recommandation d’usage générale n’est formulée. L’huile d’eucalyptus citronné (HEC/PMD) n’a pas d’AMM en France à ce jour. - Les moustiquaires imprégnées sont‑elles sans danger ?
Les moustiquaires imprégnées par des pyréthrinoïdes sont utiles en zones palustres et contre certains vecteurs, mais présentent des risques documentés. Leur usage est recommandé dans les zones de transmission du paludisme et doit être prudent pour les femmes enceintes, les jeunes enfants et les asthmatiques. - Que faire pour réduire les tiques autour de la maison ?
Limiter la végétation (herbes hautes, broussailles), gérer les feuilles mortes, tenir la faune sauvage et les petits mammifères à distance et traiter les animaux domestiques selon les recommandations vétérinaires pour réduire la présence de tiques. - Les diffuseurs électriques d’insecticides sont‑ils efficaces ?
Ils peuvent diminuer la nuisance mais contiennent souvent des pyréthrinoïdes et ne doivent être utilisés qu’en complément et si le produit dispose d’une AMM. Évitez d’exposer les nourrissons, femmes enceintes et personnes asthmatiques. - Comment combiner efficacement les mesures ?
Associez protections mécaniques (vêtements, moustiquaires), répulsifs homologués lorsque nécessaire, et actions sur l’environnement (élimination des gîtes larvaires). Aucun moyen seul n’est suffisant.
Etude publiée dans le Haut Conseil de la santé publique (Avis « Protection personnelle antivectorielle », 12 juin 2026).
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