La santé mentale des jeunes continue d’être au centre des préoccupations : les dernières enquêtes en milieu scolaire menées par Santé publique France montrent des améliorations sur certains indicateurs entre 2022 et 2024, mais aussi la persistance de formes sévères de souffrance, en particulier chez les adolescents et selon certains profils chez les enfants.
Sommaire
Que révèlent Enclass (adolescents) et Enabee (enfants) ?
Santé publique France a publié les résultats de deux enquêtes réalisées en milieu scolaire : Enclass, pour les 11–18 ans (collège et lycée), et Enabee, pour les 3–11 ans. Ces travaux donnent un panorama récent, nuancé, de la situation mentale des élèves en France.
Chez les élèves du secondaire, la majorité se dit satisfaite de sa vie (environ 80 % au collège et 78 % au lycée) et rapporte un niveau de bien‑être indiqué comme « bon » (près de 70 % au collège et 63 % au lycée). Ces indicateurs se sont améliorés depuis 2022 : Enclass note une hausse du bien‑être perçu (une augmentation de 11 points chez les garçons et de 12 points chez les filles) ainsi qu’une baisse du sentiment de solitude (‑6 points au collège, ‑7 au lycée).
Quels sont les points d’alerte chez les adolescents ?
Même si certains signes sont encourageants, des formes importantes de souffrance persistent. Selon Enclass :
- Près de 19 % des lycéens présentent un risque élevé de dépression, davantage chez les filles.
- Les symptômes déclarés fréquemment sont le manque d’énergie (58 %), des difficultés de concentration (44 %) et le découragement (42 %).
- Un adolescent sur cinq a déclaré avoir eu des idées suicidaires au cours des 12 derniers mois (chiffre en baisse par rapport à 2022, ‑4 points), mais les tentatives de suicide déclarées au cours de la vie ont augmenté (15 %, soit +2 points).
- Les écarts entre sexes sont marqués : les indicateurs de santé mentale sont globalement moins bons chez les filles (tentatives de suicide déclarées : 19,4 % chez les filles vs 10,6 % chez les garçons ; tentatives avec hospitalisation : 4,1 % vs 2,2 %).
- Au niveau du collège, 45 % des élèves rapportent des plaintes psychologiques récurrentes depuis au moins six mois (nervosité, irritabilité, sentiments de déprime).
Quelles caractéristiques sont associées aux troubles chez les enfants ?
L’enquête Enabee confirme qu’en élémentaire, environ 13 % des enfants présentent au moins un trouble de santé mentale (trouble émotionnel, trouble oppositionnel, trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). De nouvelles analyses montrent des associations entre ces troubles et plusieurs facteurs, sans établir de causalité :
- Facteurs individuels : sexe masculin, complications médicales pendant la grossesse, maladie chronique (par exemple asthme ou diabète), difficultés scolaires, ou survenue d’événements difficiles (deuil, agression).
- Facteurs familiaux : anxiété probable d’un parent, conflits entre parents séparés, difficultés financières.
- Facteurs relationnels : harcèlement et un temps important passé en structures de loisirs pendant les jours sans école.
Ces éléments servent à repérer des situations de vulnérabilité et à orienter des actions de soutien, en gardant à l’esprit que les causes sont souvent multiples et imbriquées.
Quels signes observer et comment interpréter les indicateurs ?
Pour repérer une détresse chez un enfant ou un adolescent, il est utile d’être attentif à des changements durables dans le comportement ou le fonctionnement scolaire et social. Signes fréquents signalés dans les enquêtes :
- perte d’énergie, difficultés de concentration, désintérêt pour les activités habituelles ;
- irritabilité, sautes d’humeur, retrait social ;
- plaintes physiques récurrentes sans cause médicale évidente (maux de ventre, maux de tête) ;
- paroles ou comportements évoquant le découragement, des idées suicidaires ou des tentatives passées.
Un ou deux signes isolés ne suffisent pas à poser un diagnostic : c’est leur fréquence, leur intensité et la persistance qui orientent vers une évaluation plus approfondie par un professionnel.
Quelles ressources et quels dispositifs pour agir ?
Plusieurs outils et réseaux sont mentionnés par Santé publique France pour la prévention, le repérage et l’accompagnement :
- Prévention et promotion de bonnes habitudes : activité physique régulière, bon sommeil, engagement dans des activités extrascolaires, et développement des compétences psychosociales à l’école.
- Programmes et registres : ReperPrev et des programmes de soutien aux parents comme les Clefs parentalité (PSFP).
- Ressources d’information et d’orientation : sites et services tels que Santé mentale info service, Psycom ou CléPsy.
- Première ligne et prise en charge : Mon soutien psy (accessible dès 3 ans), médecin généraliste, pédiatre ; pour les jeunes, Fil Santé Jeunes (0 800 235 236, 7j/7 de 9h à 23h) et le numéro national de prévention du suicide (3114).
- Annonce ministérielle : pour les enfants repérés en situation de détresse par les services de l’Éducation nationale, un rendez‑vous avec un professionnel de santé (psychologue, psychiatre, pédopsychiatre) doit être proposé sous 24–48 heures, selon les engagements rapportés.
En pratique : si vous êtes parent ou professionnel, notez les changements durables, informez‑en les intervenants scolaires et consultez un professionnel de santé pour une évaluation. Les dispositifs cités peuvent aider à orienter et à proposer une prise en charge adaptée.
Limites à garder en tête : les associations identifiées par Enabee ne prouvent pas de lien de cause à effet ; les chiffres d’Enclass décrivent une situation nationale à un moment donné et peuvent évoluer.
Disclaimer : cet article résume des résultats d’enquêtes et des recommandations générales. Il ne remplace pas un avis médical ou un accompagnement professionnel personnalisé. En cas d’urgence ou de risque immédiat (idées suicidaires, violence), contactez sans délai les services d’urgence ou les numéros d’assistance mentionnés.
FAQ — questions fréquentes
- Comment savoir si un ado a besoin d’aide professionnelle ?
Si des changements importants et durables (isolement, chute des performances scolaires, perte d’intérêt, idées suicidaires) s’observent sur plusieurs semaines, il est recommandé de consulter un médecin, un pédiatre ou d’utiliser les services d’écoute (Fil Santé Jeunes, 3114) pour une évaluation.
- Les filles sont‑elles vraiment plus à risque que les garçons ?
Les enquêtes montrent des indicateurs de détresse plus élevés chez les filles (idées et tentatives suicidaires déclarées, symptômes dépressifs). Cela reflète des différences observées dans ces données, sans expliquer les causes profondes.
- Que faire si un enfant montre plusieurs facteurs de vulnérabilité identifiés par Enabee ?
Ces facteurs (maladie chronique, événements difficiles, tension familiale, harcèlement…) servent à repérer des situations à surveiller. Il convient d’en parler avec les professionnels scolaires et médicaux pour organiser un accompagnement adapté.
- Quels services contacter en urgence pour un jeune en détresse ?
En cas d’urgence liée au risque suicidaire ou à une mise en danger, appelez les services d’urgence. Pour une écoute et une orientation, Fil Santé Jeunes (0 800 235 236) et le 3114 sont mentionnés parmi les numéros de prévention.
- Les actions à l’école peuvent‑elles vraiment aider ?
Oui : la promotion des compétences psychosociales par les enseignants, la prévention du harcèlement et l’accès à des ressources de soutien peuvent contribuer à réduire les risques et à améliorer le bien‑être des élèves.
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Emma est une passionnée de bien-être et de santé, spécialisée dans les astuces minceur et le développement personnel.





