Vivre entouré de personnes qui vous aiment sans calcul peut sembler un luxe dans un monde où réseaux, statuts et échanges utiles dominent. Arthur C. Brooks, professeur à la Harvard Kennedy School et à la Harvard Business School, invite précisément à reconsidérer la valeur des amitiés qui ne servent « rien » d’instrumental — et pourtant jouent un rôle important dans le bien-être durable.
Sommaire
Que veut dire Brooks quand il parle d’« amis inutiles » ?
Le paradoxe vient du choix du mot : « inutile » n’est pas une insulte mais une description du lien. Brooks définit ces proches comme des personnes qui vous apprécient pour ce que vous êtes, indépendamment de votre poste, de votre richesse ou de vos succès. Autrement dit, leur présence ne dépend pas d’un échange utilitaire — contrairement aux relations qui naissent surtout autour d’un intérêt partagé (travail, réseau, projet).
Dans ses enseignements sur le bonheur, il rattache ces relations à ce qu’il présente comme les trois composantes d’un bonheur durable : plaisir (joie immédiate), satisfaction (sentiment d’accomplissement) et sens (appartenance, rôle plus profond). Les « amis inutiles » nourrissent ces trois dimensions sans exiger de contrepartie.

Pourquoi ces relations comptent pour votre bien-être
Au-delà de la formule provocatrice, l’idée centrale est que quelques liens fiables offrent une stabilité émotionnelle : savoir qu’on sera reconnu comme personne entière même en cas de revers amortit les chocs (perte d’emploi, séparation, maladie). Des chercheurs affiliés à la fameuse étude longitudinale de Harvard ont d’ailleurs observé que la qualité de certains liens rapprochés est un meilleur prédicteur de santé et de longévité que la taille brute d’un réseau social.

Ces amitiés apportent trois bénéfices concrets :
- réconfort et soutien en période difficile ;
- partage de joies sans jalousie ni calcul ;
- ancrage et sens qui rendent les réussites et les échecs moins déterminants pour l’estime de soi.
Comment reconnaître un ami « inutile » dans votre entourage
On peut distinguer deux familles de relations : celles qui sont essentiellement transactionnelles (que Brooks appelle « amis-contrats ») et celles qui restent quand l’intérêt commun s’efface. Voici des signes pratiques qui permettent d’identifier un ami de confiance non instrumental :
- Vous pouvez parler de vos difficultés sans jouer un rôle ni vouloir impressionner.
- Vous n’hésiteriez pas à l’appeler en plein malaise ou en pleine nuit.
- Il ou elle n’a pas besoin de votre réussite pour rester présent(e).
- Vos échanges incluent des moments anodins, sans mise en scène pour les réseaux sociaux.
- Les services rendus sont spontanés, sans tenir de comptes précis.

Pratiques simples pour cultiver ce type d’amitié
Ces liens se renforcent moins par de grands discours que par la régularité et la simplicité. Quelques gestes concrets recommandés par Brooks et cohérents avec son approche :

- Envoyer un message sans raison particulière pour prendre des nouvelles.
- Proposer un rendez‑vous pour un café sans objectif professionnel.
- Partager vos doutes et vos faiblesses plutôt que d’exhiber uniquement vos réussites.
- Accepter les petits services et en rendre sans tenir de compte minutieux.
| « Ami‑contrat » | « Ami inutile » / ami de cœur | |
|---|---|---|
| Origine fréquente | Travail, réseau, projet commun | Histoire partagée, affinités profondes |
| Dépendance au statut | Souvent élevée | Faible ou nulle |
| Durabilité | Sensible aux changements d’intérêt | Résiliente face aux aléas |
| Fonction principale | Échange, opportunité | Soutien émotionnel, sens |
Il ne s’agit pas de rejeter les relations utiles — elles ont leur place et peuvent être précieuses. La proposition de Brooks est plutôt de ne pas négliger les liens non instrumentaux quand on pense son réseau social et son bien‑être.
Remarque importante : si vous traversez une détresse psychologique ou des difficultés graves, ce type d’articles n’épuise pas les ressources nécessaires : un professionnel de santé mentale peut offrir un accompagnement adapté.
FAQ
-
Qu’est‑ce que Brooks entend exactement par « inutile » ?
Il emploie le mot pour souligner l’absence de calcul utilitaire : ces amis restent sans attendre un gain lié à votre statut ou vos succès.
-
Ces amitiés améliorent‑elles la santé ?
Des recherches longitudinales menées à Harvard indiquent que la qualité de quelques liens rapprochés est un meilleur prédicteur de santé et de longévité que le simple nombre de contacts. Cela concorde avec l’idée que des relations de confiance soutiennent le bien‑être.
-
Faut‑il couper les relations utilitaires ?
Non : les relations transactionnelles ont leur utilité. L’enjeu est d’équilibrer son cercle en y conservant aussi des liens non instrumentaux qui offrent un soutien émotionnel stable.
-
Peut‑on construire ce type d’amitié à l’âge adulte ?
L’article source n’entre pas dans le détail, mais Brooks met l’accent sur la sincérité et la régularité des gestes (appels, rencontres, partage), qui sont pratiques et accessibles quel que soit l’âge.
-
Comment réagir si un ami change quand je perds mon statut ?
Ce constat peut révéler la nature utilitaire de la relation. Vous pouvez choisir d’en parler avec la personne, d’ajuster vos attentes, et de renforcer parallèlement des liens qui ne reposent pas sur des conditions externes.
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Bertrand est un rédacteur passionné par les innovations en beauté et bien-être. Il met en lumière les produits et pratiques qui transforment la façon dont on prend soin de soi.