Quelles sont les recommandations santé pour voyager en 2026 ?

Documents de voyage et carnet de vaccination préparés avant un départ international

La version 2026 des Recommandations sanitaires aux voyageurs, mise en ligne par le ministère de la santé et actualisée par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), rassemble les dernières données épidémiologiques et de sécurité sanitaire pour préparer un séjour à l’étranger. Voici une synthèse originale et pragmatique des changements essentiels pour les professionnels de santé et les voyageurs, avec des points pratiques à retenir.

Ce que contient la mise à jour et comment l’utiliser

Le document 2026 intègre notamment :

  • les nouvelles informations épidémiologiques et les avis nationaux/internationaux ;
  • les données de tolérance et de sécurité des produits de santé ;
  • une actualisation des stratégies vaccinales et des mesures de protection antivectorielle.

Pour faciliter l’usage en consultation, des fiches synthétiques par région (hors Europe) sont ajoutées en annexe I : elles concernent des séjours « conventionnels » de moins d’un mois. Chaque recommandation est assortie d’un niveau (indispensable, fortement recommandé, recommandé au cas par cas). Les personnes à risque (immunodépression, comorbidités, grossesse) ou les séjours longs (>1 mois) doivent être adressés à une consultation spécialisée ou à un centre de vaccinations internationales.

Vaccinations : points concrets à connaître

Plusieurs schémas et réserves ont été précisés. Ci‑dessous, les éléments pratiques les plus utiles pour orienter une consultation de voyage.

Chikungunya

Deux vaccins figurent dans les recommandations : IXCHIQ (vaccin vivant atténué) et VIMKUNYA (vaccin à pseudoparticules). La version 2026 prend en compte des données de tolérance supplémentaires pour IXCHIQ et suit les avis de la HAS : IXCHIQ n’est pas recommandé chez les personnes de plus de 65 ans. La vaccination est recommandée pour un séjour en zone épidémique quelle que soit la durée, ou pour des séjours >1 mois ou répétés dans une zone où le virus a circulé au cours des 12 derniers mois.

Moustique responsable de la transmission du chikungunya en zone tropicale
Le vaccin IXCHIQ est recommandé pour les séjours en zone épidémique, avec des restrictions selon l’âge.

Dengue

Le HCSP intègre des données de pharmacovigilance jugées rassurantes pour le vaccin QDENGA (vaccin vivant atténué). La vaccination est recommandée chez les voyageurs ≥6 ans :

  • si séjour dans une zone en épidémie ;
  • ou pour un séjour >1 mois dans une zone d’endémie (incidence >100/100 000 personnes‑années).

Schéma : 2 doses sous‑cutanées espacées d’au moins 3 mois. En cas de départ imminent (notamment en épidémie), une première dose peut être faite au moins 2 semaines avant le départ, la seconde devant respecter l’intervalle minimum de 3 mois. QDENGA reste contre‑indiqué chez les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes ou allaitantes, et en cas d’hypersensibilité aux composants.

Hépatite A

La vaccination est recommandée dès 1 an pour tout voyage vers un pays où le niveau d’hygiène est considéré comme insuffisant, quelles que soient les conditions du séjour. Le HCSP indique que, hors AMM, un schéma à une dose peut être utilisé chez l’enfant et peut également être envisagé chez l’adulte (les données sont limitées chez les >40 ans). Si la 2e dose prévue par l’AMM est retardée, elle peut être faite quel que soit l’écart sans redémarrer le schéma.

Encéphalite à tiques (TBE)

Des études suggèrent une protection durable après la primo‑vaccination. Les rappels recommandés ont été précisés :

  • schéma standard : rappel 3 ans après la primo‑vaccination complète, puis tous les 5–10 ans si 12–49 ans, ou tous les 3 ans si >50 ans ;
  • schéma rapide/express : rappel 12–18 mois après la primo‑vaccination complète, puis mêmes intervalles selon l’âge.

La fréquence des rappels doit être ensuite adaptée au cas par cas par le professionnel de santé, en tenant compte du statut immunitaire et de l’état clinique.

maladie Nouvel élément clé Attention / public
Chikungunya Prise en compte de données de tolérance pour IXCHIQ IXCHIQ non recommandé >65 ans ; vaccination si séjour en zone épidémique
Dengue Données de pharmacovigilance rassurantes pour QDENGA Vaccination ≥6 ans pour séjours en épidémie ou >1 mois en zone à forte incidence
Hépatite A Schéma à 1 dose possible hors AMM chez l’enfant (et parfois adulte) Recommandé dès 1 an si destination à faible niveau d’hygiène
Encéphalite à tiques Précisions sur les rappels selon schéma et âge Rappels à adapter selon âge et statut immunitaire

Protection antivectorielle (PPAV) : recommandations pratiques

Le chapitre PPAV a été largement revu pour évaluer efficacité, toxicologie humaine et impact environnemental des produits. Principes retournés :

Moustiquaire et répulsif d'insectes pour la protection antivectorielle lors d'un voyage
La protection antivectorielle reste un pilier essentiel de la prévention en zones d’endémie.

  • favoriser les mesures physiques (vêtements couvrants, moustiquaire, climatisation, brasseurs d’air) ;
  • n’utiliser que des répulsifs disposant d’une AMM : DEET, IR3535 et KBR3020/icaridine ;
  • proposer des alternatives lorsque le rapport bénéfice/risque est jugé défavorable.

Produits ou dispositifs non recommandés (ou en attente d’évaluation) : bracelets antimoustiques, huiles essentielles (y compris citronnelle), serpentins fumigènes (absence d’AMM), et l’huile d’eucalyptus citronné en attendant une évaluation. Les diffuseurs électriques d’insecticide sont déconseillés pour les femmes enceintes et les enfants <3 ans en raison d’un risque potentiel pour le neurodéveloppement. Les vêtements imprégnés à la perméthrine ne sont pas recommandés ; en cas de risque élevé, des sprays pour vêtements à base de DEET ou d’IR3535 peuvent être proposés en alternative.

Faune, flore et substances locales : risques émergents et comportements à éviter

La nouvelle édition renforce des volets sur des risques peu fréquents mais réels :

  • Ayahuasca : le HCSP met en garde contre la consommation non encadrée de cette décoction psychoactive utilisée en Amérique du Sud. Il recommande un encadrement par des personnes compétentes capables d’identifier contre‑indications et risques (vomissements, angoisse, traumatismes, interactions avec d’autres produits).
  • Rongeurs et hantavirus : des recommandations pratiques sont ajoutées (éviter contacts avec rongeurs/excrétions, ventilation et humidification avant nettoyage de lieux potentiellement contaminés, stockage sécurisé des aliments, port de protections lors d’opérations à risque).
  • Rage en Europe centrale : le HCSP signale une réémergence chez les animaux sauvages et domestiques dans plusieurs pays (p.ex. Pologne, Roumanie, Hongrie, Slovaquie) et mentionne un cas humain mortel en Roumanie en 2025, lié à une morsure de chien errant — pointant la nécessité d’une vigilance accrue et du suivi des alertes officielles.

Alertes récentes : que retenir de l’ajout sur Ebola

Un point « de dernière minute » a été intégré concernant une alerte Ebola en République démocratique du Congo. Le HCSP rappelle les bases de prévention pour les voyageurs se rendant dans une zone touchée : hygiène stricte des mains, éviter contacts avec fluides corporels de malades, ne pas manipuler viande de brousse, éviter rites funéraires à risque, et appeler le SAMU‑Centre 15 en cas de symptômes après un séjour. L’OMS et l’ECDC estiment actuellement le risque d’introduction hors d’Afrique faible ; les recommandations restent toutefois de rigueur pour les personnes présentes sur place.

Préparer sa consultation de voyage : checklist pratique

  • Vérifier l’épidémiologie actuelle du pays de destination (fiches annexes du HCSP pour les séjours <1 mois).
  • Contrôler le statut vaccinal : rougeole, hépatite A, polio selon destination, et envisager les vaccins spécifiques (chikungunya, dengue) selon contexte épidémique et durée du séjour.
  • Conseiller des mesures PPAV adaptées et recommander uniquement des répulsifs avec AMM (DEET, IR3535, icaridine).
  • Orienter vers un centre spécialisé pour les voyageurs à risque ou les séjours longs.
  • Pour toute remarque ou précision sur les recommandations, le HCSP invite les professionnels à contacter son secrétariat à l’adresse indiquée dans le document.

Remarque : la version 2026 des recommandations a été mise en ligne le 7 juillet et comporte des passages mis en évidence pour montrer les modifications par rapport à 2025.

Disclaimer : cette synthèse présente les principales actualisations du HCSP destinées à l’information générale ; elle ne remplace pas une consultation médicale ni la lecture intégrale du document officiel pour la prise en charge individuelle.

FAQ — questions fréquentes

  • Dois‑je envisager la vaccination contre la dengue pour un court séjour en zone endémique ?
    Selon le HCSP, la vaccination n’est recommandée pour la dengue que si un séjour a lieu en situation d’épidémie ou s’il dépasse un mois dans une zone d’endémie à forte incidence. Pour les courts séjours sans épidémie, elle n’est généralement pas recommandée.
  • Quel répulsif choisir pour un voyage en zone tropicale ?
    Privilégiez un produit disposant d’une AMM : DEET, IR3535 ou icaridine. Combinez‑le à des mesures physiques (vêtements longs, moustiquaire). Évitez bracelets antimoustiques et huiles essentielles comme mesure principale d’imprégnation.
  • Peut‑on se contenter d’une dose unique d’hépatite A ?
    Le HCSP signale qu’un schéma à une dose peut être utilisé hors AMM chez l’enfant et peut aussi être envisagé chez l’adulte, à l’exception des personnes >40 ans pour lesquelles les données sont limitées. La deuxième dose peut être rattrapée quel que soit le délai si l’intervalle AMM n’a pas été respecté.
  • Que faire si l’on a été mordu par un animal à l’étranger ?
    Consultez rapidement un professionnel de santé local ou à votre retour ; la situation épidémiologique locale (p.ex. réémergence de la rage dans certaines zones) et la nature de l’exposition orientent la prise en charge. Le document HCSP propose des ressources pour suivre l’évolution de la rage animale.
  • Les femmes enceintes peuvent‑elles utiliser des diffuseurs électriques d’insecticide ?
    Le HCSP déconseille ces diffuseurs pour les femmes enceintes et les enfants <3 ans en raison d’un risque potentiel pour le développement neurologique : préférez les mesures physiques et les répulsifs AMM compatibles avec la grossesse après avis médical.

Etude publiée dans : Haut Conseil de la santé publique (HCSP) — Recommandations sanitaires aux voyageurs, édition 2026.

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