Les données hospitalières françaises montrent une hausse récente de la mortalité périnatale : en 2024 le nombre d’enfants nés sans vie ou décédés dans la première semaine a conduit à un taux global de 11,2 pour 1 000 naissances. Ces chiffres soulèvent des questions sur les facteurs médicaux et sociaux qui pèsent sur la santé périnatale et sur les inégalités observées entre territoires et populations.
Sommaire
Que désigne exactement la mortalité périnatale ?
On appelle mortalité périnatale l’ensemble des décès survenant soit avant la naissance (fœtus nés sans vie), soit durant les sept premiers jours après la naissance. Les statistiques citées ici proviennent de fichiers hospitaliers, ce qui signifie qu’elles portent sur des naissances et des décès enregistrés dans les établissements de santé.
Chiffres essentiels et évolution récente
Sur la période prise en compte, les autorités ont comptabilisé 661 822 naissances et 7 398 décès périnataux, ce qui correspond à un taux de 11,2 pour 1 000. Après une période de relative stabilité (autour de 10,5 pour 1 000 entre 2014 et 2021), le taux a augmenté depuis 2021 et s’est accentué en 2024.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Naissances enregistrées | 661 822 |
| Décès périnataux | 7 398 |
| Taux de mortalité périnatale (2024) | 11,2 pour 1 000 |
Quels profils présentent un risque plus élevé selon les données ?
Les analyses mettent en évidence plusieurs facteurs associés à des taux plus élevés :

- Prématurité : la grande majorité des décès périnataux est liée à des naissances prématurées (les données indiquent que 84 % des décès périnataux surviennent après un accouchement prématuré).
- Grossesse multiple : les naissances gémellaires ou multiples comportent un risque accru comparé aux grossesses uniques.
- Âge maternel : les mères de moins de 20 ans et celles de 40 ans et plus affichent des taux plus élevés (respectivement 18,1 et 17,6 pour 1 000 selon les enregistrements).
La DREES souligne toutefois que ces facteurs expliquent seulement une partie de l’augmentation observée depuis 2014.
Inégalités territoriales et sociales mises en lumière
Les disparités géographiques et socio-économiques sont marquées. Le taux de mortalité périnatale atteint 12 pour 1 000 dans les communes les plus défavorisées (cinquième le plus bas niveau socio-économique), contre 9,5 pour 1 000 dans les communes les moins défavorisées. À l’échelle régionale, des contrastes importants existent : la Guadeloupe enregistre un taux de 21 pour 1 000, tandis qu’en Auvergne‑Rhône‑Alpes il est de 9,3 pour 1 000.

Globalement, les départements et régions d’Outre‑mer affichent un niveau moyen supérieur d’environ 60 % à celui de la France métropolitaine.
Pourquoi ces chiffres méritent une lecture prudente ?
Plusieurs limites doivent être gardées à l’esprit :
- Les statistiques proviennent de fichiers hospitaliers — des différences de codage, de déclaration ou de couverture peuvent influencer les tendances observées.
- Une association statistique n’implique pas une relation de cause à effet : la présence d’un facteur (par exemple l’âge maternel) n’explique pas à elle seule un décès périnatal.
- Les facteurs identifiés (prématurité, multi‑gravité, conditions sociales, région de résidence) apportent des éléments d’explication mais ne rendent compte que partiellement de l’évolution récente.
Que peut-on retenir pour les politiques de santé et la prévention ?
Les données signalent un besoin de vigilance renforcée sur la prévention de la prématurité, l’accompagnement des grossesses à risque et la réduction des inégalités d’accès aux soins et de conditions de vie maternelle. Elles suggèrent aussi que les interventions publiques doivent tenir compte des différences régionales et sociales. Ces observations appellent des analyses complémentaires pour mieux préciser les leviers d’action.
Remarque importante : ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil médical personnalisé. Si vous êtes concernée par une grossesse, parlez-en à votre professionnel de santé.
FAQ
- Qu’est‑ce que recouvre exactement le taux de mortalité périnatale ?
Il s’agit du nombre de fœtus nés sans vie et de nouveau‑nés décédés durant les sept premiers jours, rapporté au nombre total de naissances, ici mesuré à partir de données hospitalières. - La prématurité explique‑t‑elle toute la hausse du taux ?
Non. Bien que 84 % des décès périnataux soient liés à des naissances prématurées, la DREES indique que la prématurité et les autres facteurs identifiés n’expliquent que partiellement l’augmentation observée depuis 2014. - Pendant la grossesse, que pouvez‑vous faire pour réduire les risques ?
Les données ne remplacent pas un suivi médical : le respect des rendez‑vous prénataux, le dialogue avec votre équipe soignante et la prise en charge des facteurs de risque identifiés restent essentiels. - Pourquoi les Outre‑mer ont‑ils des taux plus élevés ?
Les chiffres montrent des écarts importants, mais les causes précises peuvent être multiples (conditions sociales, accès aux soins, facteurs sanitaires locaux). Les données actuelles indiquent l’existence d’inégalités sans en attribuer une cause unique. - Ces chiffres sont‑ils définitifs pour 2024 ?
Ils reposent sur des enregistrements hospitaliers publiés pour 2024. Comme pour toute source administrative, des mises à jour ou des analyses complémentaires peuvent affiner l’interprétation.
Etude publiée dans la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, Ministère des Solidarités et de la Santé)
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