Les hôpitaux français jettent chaque semaine des quantités non négligeables de médicaments : une enquête menée sur une courte période auprès d’un échantillon d’établissements donne une photographie partielle du gaspillage, de ses causes et des pistes envisagées pour le réduire.
Sommaire
Que révèle la collecte menée par 210 établissements ?
Sur une semaine de relevés effectués entre novembre et mars 2025, 252 246 unités de médicaments ont été identifiées parmi les déchets des services ayant participé à l’enquête. Leur valeur d’achat totale s’élève à environ 707 000 euros et leur masse dépasse 2 tonnes.

Cette opération a été coordonnée par le C2DS (réseau de 940 établissements visant à réduire l’empreinte environnementale du système de santé) et le RésOMEDIT (réseau d’observatoires régionaux des médicaments). Le périmètre reste toutefois limité : 210 établissements sur près de 3 000 recensés en France, ce qui rend l’échantillon instructif mais non exhaustif.
Quelles sont les causes principales du gaspillage identifié ?
Les médicaments retrouvés à la poubelle correspondent à plusieurs situations distinctes. La répartition observée dans l’étude est la suivante :
| Cause | Part approximative | Remarque |
|---|---|---|
| Périmés | ≈ 33 % | Expiration encore fréquente dans les stocks |
| Impropres à l’usage (autres raisons) | ≈ 16,7 % | Problèmes de conservation, de stérilité, etc. |
| Encore utilisables | ≈ 20 % | Produits jetés malgré une date de péremption non atteinte |
| Apportés par les patients et non utilisés | ≈ 20 % | Boîtes personnelles laissées à l’hôpital puis éliminées |
La raison opérationnelle fréquemment citée est le conditionnement : de nombreux traitements sont livrés en boîtes destinées à plusieurs administrations, et le reconditionnement à l’unité (délitres, doses nominatives) demande du temps et des ressources humaines que les équipes peinent parfois à mobiliser.
Quels types et quelles valeurs de médicaments sont le plus concernés ?
En volume, la majorité des unités jetées sont des comprimés (61 %), mais des formes injectables, des crèmes et des dispositifs inhalés figurent aussi parmi les déchets.
La composition par coût révèle une autre réalité : des médicaments peu chers (par exemple hypnotiques, anxiolytiques, antidépresseurs) représentent la plupart des unités jetées, tandis que des produits onéreux pèsent lourd en valeur. À titre d’exemple, les médicaments utilisés en chimiothérapie et certains antithrombotiques constituent 32,8 % de la valeur totale des médicaments éliminés, du fait de leur prix élevé malgré des volumes moindres.
Quelles mesures sont proposées pour limiter ce gaspillage ?
Le rapport issu de l’enquête met en avant plusieurs priorités :

- mettre en place un dispositif d’alerte pour les médicaments coûteux proches de la date de péremption ;
- améliorer les pratiques de commande pour éviter le surstockage ;
- mener des études de stabilité prolongée afin d’évaluer la possibilité d’allonger certaines durées de conservation — ce qui peut réduire les pertes sans compromettre la sécurité.
Ces pistes visent d’abord à protéger la valeur économique des stocks les plus chers et à réduire le volume global de déchets. Le rapport souligne aussi implicitement les contraintes opérationnelles : reconditionner des doses unitaires nécessite du temps, des procédures et parfois des moyens de traçabilité supplémentaires.
Quelles limites de lecture de cette enquête faut-il garder à l’esprit ?
Il s’agit d’un relevé à court terme (une semaine) réalisé dans un sous-ensemble d’établissements (210 sur environ 3 000). Le calendrier (novembre–mars) et la composition majoritairement publique des participants peuvent influencer les résultats. Autrement dit, les chiffres donnent une indication utile sur l’ampleur et les causes du gaspillage, mais ne permettent pas d’en déduire sans précaution des totaux nationaux ou des évolutions annuelles.
Disclaimer : Informations générales basées sur l’enquête citée ; ce résumé n’a pas pour objectif de fournir des recommandations cliniques ou administratives personnalisées.
FAQ
Qui a réalisé cette enquête ?
Le recueil a été conduit par le C2DS et le RésOMEDIT, avec la participation d’environ 210 établissements de santé.
La plupart des médicaments jetés sont-ils encore utilisables ?
Selon l’enquête, environ un cinquième des unités retrouvées dans les déchets semblaient encore utilisables, tandis qu’un tiers étaient périmées et environ un sixième impropres pour d’autres raisons.
Pourquoi les médicaments coûteux sont-ils une priorité ?
Parce que, malgré des volumes inférieurs, certaines spécialités onéreuses (chimiothérapies, antithrombotiques) représentent une part importante de la valeur des pertes (≈ 32,8 %), ce qui en fait une cible prioritaire pour des alertes et une gestion renforcée.
L’étude permet-elle d’estimer le gaspillage national total ?
Non. Le périmètre reste limité et le relevé couvre une semaine ; les résultats offrent une photographie utile mais ne suffisent pas à extrapoler précisément au niveau national sans analyses complémentaires.
Que signifie « études de stabilité prolongée » ?
Ce sont des évaluations destinées à vérifier si, dans des conditions contrôlées, la durée de conservation d’un médicament peut être légalement et scientifiquement étendue, ce qui pourrait réduire les pertes liées à des dates de péremption parfois conservatrices.
Etude publiée dans Agence France-Presse
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