La recrudescence d’infections à virus Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda impose aux professionnels de santé en France d’être vigilants : si le risque d’importation reste jugé faible, tout patient présentant des symptômes compatibles dans les 21 jours suivant un séjour en zone de circulation virale doit être considéré rapidement et géré selon des procédures strictes pour limiter tout risque de transmission.
Sommaire
Quels signes chez un patient justifient une suspicion d’Ebola ?
Un cas suspect correspond à une personne qui, dans les 21 jours suivant un séjour en zone où le virus circule, présente :
- une fièvre ≥ 38 °C ;
- ou des signes généraux évocateurs : céphalées intenses, grande fatigue, douleurs musculaires ou articulaires, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, saignements inexpliqués.
De même, un décès inexpliqué dans les 21 jours après un retour d’une zone affectée doit être considéré comme un cas suspect. Les personnes sans symptôme ne sont pas classées comme suspects.
Comment se transmet la maladie et quelle est la période d’incubation ?
La transmission initiale à l’humain est associée à des contacts étroits avec des animaux infectés (notamment chauves‑souris et primates non humains). La transmission interhumaine se fait par contact direct avec le sang ou les fluides biologiques d’une personne malade, ou via des surfaces contaminées. La période d’incubation se situe entre 2 et 21 jours. Les personnes deviennent contagieuses à partir de l’apparition des symptômes, et non avant.
Que faire immédiatement en cabinet, pharmacie ou structure ambulatoire ?
Si vous suspectez une MVE chez un patient, appliquez sans délai les mesures suivantes :
- isoler immédiatement la personne ;
- faire porter un masque chirurgical au patient et lui proposer une friction hydro‑alcoolique ;
- pour le personnel soignant : porter FFP2, gants et surblouse et pratiquer une friction hydro‑alcoolique après tout contact ;
- contacter sans délai le SAMU‑Centre 15 pour activer la filière « risque épidémique et biologique » (REB). Ne pas envoyer le patient vers un service d’urgences ou un laboratoire sans concertation préalable avec le SAMU.
Comment le SAMU évalue‑t‑il le cas et qui intervient ?
Après appel, une évaluation clinico‑épidémiologique est organisée, souvent sous forme de conférence téléphonique réunissant le praticien ayant vu le patient, le médecin régulateur du SAMU, l’infectiologue référent REB régional, ainsi que le Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales (CNR FHV, Institut Pasteur Lyon disponible 24/7). Selon la situation, l’ARS et Santé publique France peuvent être associés.
Si le cas est classé « possible », un SMUR est mobilisé pour la prise en charge. Le patient doit rester isolé jusqu’à l’arrivée de l’équipe spécialisée.
Quelles actions après le départ d’un patient classé « possible » ?
Les précautions à appliquer dans le cabinet ou la salle d’attente comprennent :
- identifier et laisser repartir les personnes présentes en salle d’attente après friction hydro‑alcoolique ;
- désinfecter les locaux avec de l’eau de Javel ou un produit virucide validé (norme NF EN 14476 + A2), respecter une pause de 15 minutes puis rincer ; les consultations ne doivent reprendre qu’après la désinfection ;
- gérer les déchets potentiellement contaminés via la filière DASRI ;
- solliciter l’infectiologue REB d’astreinte via le Centre 15 si nécessaire ;
- déclarer tout cas possible de fièvre hémorragique africaine par le formulaire de notification obligatoire prévu à cet effet (formulaire MSO FHA).
Quel est le contexte épidémiologique actuel et l’évaluation du risque ?
L’épidémie en RDC et en Ouganda est liée à la souche Bundibugyo. En RDC, plus de 1 000 cas suspects et 246 décès ont été signalés ; la situation y est considérée comme non contrôlée et probablement sous‑estimée. L’OMS a évalué, au 22 mai 2026, le risque comme très élevé au niveau national (RDC), élevé au niveau régional et faible au niveau mondial. Pour la souche Bundibugyo, il n’existe pas actuellement de vaccin ou de traitement spécifique validé — contrairement aux épidémies antérieures à virus Zaire, pour lesquelles un vaccin homologué existe.
Points d’attention : la circulation du virus dans des zones urbaines à forte mobilité et des capacités de diagnostic limitées dans certains secteurs compliquent la maîtrise de l’épidémie.
Disclaimer : cet article fournit des informations générales issues d’un message officiel aux professionnels de santé. Il ne remplace pas les consignes locales, la coordination avec le SAMU‑Centre 15 ni les recommandations officielles des autorités sanitaires.
FAQ
- Quel est le délai maximal entre un séjour en zone affectée et l’apparition des symptômes ?
La période d’incubation peut aller jusqu’à 21 jours : des symptômes survenant dans ce délai après un retour doivent faire rechercher une exposition à risque. - Une personne sans symptôme doit‑elle être isolée parce qu’elle revient d’une zone concernée ?
Non. Les personnes asymptomatiques ne sont pas considérées comme des cas suspects. La surveillance repose sur la détection de symptômes compatibles dans les 21 jours suivant le séjour. - Qui dois‑je appeler en cas de suspicion ?
Contactez le SAMU‑Centre 15 pour activer la filière REB ; toute prise en charge ou transfert doit être organisée via le SAMU. - Quelles précautions prendre pour nettoyer le cabinet après un patient possible ?
Utiliser de la javel ou un désinfectant virucide normalisé (NF EN 14476 + A2), respecter une pause de 15 minutes avant rinçage, éliminer les déchets dans la filière DASRI et n’ouvrir la consultation qu’après désinfection complète. - Les personnes infectées sont‑elles contagieuses avant d’avoir des symptômes ?
Selon les données disponibles, la contagiosité débute avec l’apparition des symptômes ; elles ne sont pas considérées contagieuses pendant la phase d’incubation asymptomatique.
Etude publiée dans la Direction générale de la Santé (DGS) — DGS‑Urgent, 29 mai 2026 ; complété par l’avis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 22 mai 2026).
Articles similaires
- Comment diagnostiquer chikungunya, dengue, Zika et virus West Nile en métropole ?
- Comment se protéger des maladies transmises par les moustiques après l’année 2025 record ?
- Quels sont les symptômes pour reconnaître un cas de stress post-traumatique ?
- Pourquoi l’OMS juge-t-elle le risque d’Ebola élevé en Afrique centrale mais faible mondialement ?
- Comment trouver une pharmacie de garde proche de votre position ?

Emma est une passionnée de bien-être et de santé, spécialisée dans les astuces minceur et le développement personnel.




