On aime s’imaginer qu’une part de nous reste inchangée au fil des années. Une vaste recherche menée par des équipes de l’Université de Zurich et de l’Université du Texas invite toutefois à nuancer fortement cette intuition : nos traits de personnalité continueraient d’évoluer de l’adolescence jusqu’à un âge très avancé, et davantage qu’on ne le croit.
Sommaire
Comment les chercheurs ont comparé perception et réalité
Les auteurs de l’étude ont procédé en deux temps complémentaires. D’abord, ils ont demandé à 887 adultes américains d’évaluer la probabilité de changement, entre 15 et 90 ans, de 25 caractéristiques couvrant à la fois des traits de personnalité et des aspects de la vie (santé, revenus, estime de soi, fréquence des interactions sociales…). Ensuite, ils ont confronté ces estimations à des données empiriques issues de huit études longitudinales réunissant près de 167 000 personnes aux États‑Unis, en Allemagne, en Australie et aux Pays‑Bas.
Le terme « longitudinal » signifie ici que les mêmes individus ont été suivis et réévalués à plusieurs reprises sur de longues périodes — une méthode plus adaptée que les enquêtes ponctuelles pour observer de véritables changements au cours de la vie. Le résultat clé : les participants ont largement sous‑estimé l’ampleur des transformations des cinq grands traits de personnalité.
Quels sont les « cinq grands » et en quoi ils bougent
Les « cinq grands » traits utilisés par les chercheurs sont : l’extraversion, l’agréabilité, la conscienciosité (conscience professionnelle), le névrosisme et l’ouverture à l’expérience. L’étude montre que ces dimensions ne restent pas fixes après l’adolescence.
– La conscienciosité est citée comme un exemple net : elle diffère, en moyenne, entre 15 et 90 ans — ce qui traduit des variations durables de la tendance à être organisé, prudent et responsable.
– L’extraversion et l’ouverture apparaissent parmi les caractéristiques ayant connu les baisses globales les plus marquées au fil de la vie, d’après les tendances observées dans les cohortes analysées.
Il est important de préciser que ces observations décrivent des tendances moyennes au sein de grands groupes : elles n’implique pas qu’une personne change radicalement du jour au lendemain, ni qu’il existe un modèle unique de transformation pour tous.
Pourquoi nous avons tort de penser que notre caractère est figé
Plusieurs éléments expliquent cette sous‑estimation :
– Le sens commun valorise la continuité identitaire : on a tendance à interpréter un changement progressif comme la révélation d’une part déjà existante de soi plutôt que comme une transformation.
– Les expériences personnelles sont souvent interprétées à travers le filtre d’une « identité stable » : on se raconte une histoire cohérente sur soi, ce qui réduit la perception des évolutions.
– La recherche montre que, même quand des changements sont réels et mesurables d’un point de vue statistique, ils peuvent rester imperceptibles au quotidien parce qu’ils sont graduels.
Ces explications sont des interprétations plausibles appuyées par le contraste entre perception et mesure rapporté dans l’étude ; elles ne constituent pas des conclusions directes du travail des auteurs.
Que retenir pour votre vie quotidienne et vos projets
Les résultats raisonnent à la fois comme une mise en garde et une opportunité :
– Reconnaître que vos tendances (par exemple à être plus ou moins sociable, organisé·e, ouvert·e) peuvent évoluer au fil des décennies aide à accepter les transitions de vie (carrière, parentalité, retraite, santé).
– L’évolution est généralement progressive : de petites habitudes accumulées sur le long terme peuvent contribuer à une modification durable du comportement, sans garantie absolue.
– Les conclusions de l’étude ne signifient pas que l’on puisse remodeler sa personnalité instantanément ou à volonté ; elles montrent plutôt qu’une certaine mobilité existe, même à l’âge adulte.
Points pratiques (à considérer sans prétendre à des recettes) :
– Restez attentif·ve aux changements graduels dans vos préférences et comportements.
– Envisagez les transitions (déménagement, métier, relation) comme des contextes susceptibles d’influer sur vos traits.
– Ne confondez pas tendances moyennes observées dans de larges populations et trajectoire individuelle incontournable.
Limites et portée des résultats
La force de l’étude tient à la taille et à la variété des échantillons et à l’usage de données longitudinales. Toutefois, il faut garder en tête que ces analyses décrivent des moyennes et des tendances globales, pas des prédictions individuelles. De plus, les mécanismes exacts à l’origine des changements (événements de vie, maturation biologique, environnement social, etc.) ne sont pas déterminés par ce seul travail.
Source: « Personality traits are less stable than people think », Communications Psychology, juillet 2026.
Remarque importante : cet article résume des résultats de recherche en psychologie pour information générale. Il ne remplace pas un diagnostic ou un accompagnement professionnel personnalisé.
FAQ rapide
- La personnalité change-t-elle chez tout le monde ?
L’étude montre des changements moyens au sein de grandes populations, mais elle ne garantit pas qu’une personne donnée connaîtra les mêmes évolutions. Les trajectoires individuelles varient beaucoup.
- Peut‑on changer volontairement sa personnalité ?
Les auteurs n’affirment pas que la personnalité peut être remodelée instantanément ou à volonté. Les changements observés sont généralement progressifs ; des efforts répétés et des changements de contexte peuvent toutefois influencer les comportements sur le long terme.
- Y a‑t‑il des périodes de la vie où les traits bougent davantage ?
L’étude couvre l’intervalle 15–90 ans et montre des évolutions réparties sur cette longue période. Elle ne met pas en évidence une « période unique » de changement rapide applicable à tous.
- Quels traits diminuent le plus avec l’âge ?
Parmi les tendances générales relevées, l’extraversion et l’ouverture figurent parmi les traits ayant connu des baisses globales importantes ; la conscienciosité montre aussi des différences marquées selon l’âge.
- Les résultats sont‑ils fiables ?
La combinaison d’une enquête de perception et de l’analyse de huit études longitudinales et de près de 167 000 personnes confère une robustesse importante aux conclusions. Restez toutefois conscient·e des limites liées à l’agrégation de données et à l’application des tendances à des cas individuels.
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Bertrand est un rédacteur passionné par les innovations en beauté et bien-être. Il met en lumière les produits et pratiques qui transforment la façon dont on prend soin de soi.






