Se demander « suis‑je cool ? » peut sembler futile, mais la réponse tient à des mécanismes sociaux bien réels : être perçu comme cool donne un capital d’attention et d’influence. Une large enquête internationale menée entre 2018 et 2022 a cherché à préciser ce que les gens, dans différents pays, entendent par ce mot. Voici ce que disent les données et comment les interpréter sans céder aux clichés.
Sommaire
Quelles qualités rapprochent quelqu’un de l’image « cool » selon l’étude ?
L’enquête, publiée dans le Journal of Experimental Psychology: General (DOI 10.1037/xge0001799) et pilotée par Todd Pezzuti, Caleb Warren et Jinjie Chen, s’appuie sur les réponses de près de 5 943 participants originaires de 12 pays (y compris la Chine continentale et Hong Kong). Les auteurs identifient deux dimensions centrales qui expliquent la plupart des jugements de « cool » :
- Une forte autonomie et une attirance pour la nouveauté : traits comme l’indépendance, l’ouverture à l’expérience, l’extraversion, l’hédonisme, le goût de l’aventure et un sentiment de puissance caractérisent les personnes perçues comme attirantes et originales.
- Une appréciabilité sociale minimale : être perçu comme agréable, fiable et sécurisant est aussi nécessaire pour que la liberté et la provocation soient vues positivement plutôt que comme agaçantes.
À quoi ressemblent ces deux dimensions dans la vie quotidienne ?
Ces dimensions se manifestent par des comportements concrets. En voici quelques illustrations :
- Proposer des idées nouvelles ou organiser une activité originale pour le groupe (dimension nouveauté/initiative).
- Affirmer un style personnel ou des choix de vie sans chercher constamment l’approbation d’autrui (autonomie).
- Rire, être accueillant et tenir ses engagements : ces marques de fiabilité empêchent la transgression d’être perçue comme pure provocation.
- Écouter et respecter les autres : la chaleur relationnelle fait qu’on suit volontiers quelqu’un de différent plutôt que de le rejeter.
Ce que l’étude ne dit pas — limites et précautions
Il est important de replacer ces résultats dans leur contexte :
- Il s’agit d’une étude de perceptions sociales, donc d’un portrait de ce que des personnes interrogées associent au mot « cool » dans leur langue et leurs usages, pas d’un jugement moral sur les individus.
- La méthode repose majoritairement sur des questionnaires en ligne et sur des participants familiers du sens argotique de « cool », ce qui peut biaiser l’échantillon vers les populations connectées et vers ceux qui partagent ce vocabulaire.
- Les résultats montrent une convergence relative entre pays étudiés, mais cela ne garantit pas une uniformité totale entre toutes les cultures, tous les groupes d’âge ou tous les milieux sociaux.
- Enfin, les corrélations observées ne prouvent pas qu’adopter tel comportement rendra nécessairement « cool » : il s’agit d’associations perçues, non de causalité démontrée.
Erreurs courantes et idées reçues à éviter
- Confondre « cool » et « moralement bon » : l’étude montre que certaines qualités positives se recoupent (9 des 15 traits positifs étudiés se retrouvent à la fois chez les personnes jugées « cool » et chez celles jugées « bonnes »), mais être perçu comme cool n’équivaut pas à être moralement irréprochable.
- Penser que la provocation seule suffit : sans une base d’appréciation sociale (chaleur, fiabilité), la transgression risque d’être perçue comme prétentieuse ou agaçante.
- Vouloir devenir « cool » à tout prix : les perceptions sociales sont complexes et liées au contexte ; l’authenticité et la cohérence personnelle restent des éléments clés.
Conseils pratiques, si vous souhaitez être perçu plus positivement
Si votre objectif est d’améliorer la façon dont les autres vous perçoivent, les données suggèrent quelques pistes prudentes et non prescriptives :
- Montrez de l’initiative et de la curiosité sans chercher à choquer pour choquer : proposez des expériences nouvelles en tenant compte du groupe.
- Affirmez vos choix de façon authentique, mais veillez à rester accessible et à respecter les autres.
- Travaillez la fiabilité relationnelle : écouter, tenir parole et ne pas ridiculiser inutilement renforcent l’attrait social de l’indépendance.
Remarque importante : ces indications reposent sur des tendances groupales observées et ne remplacent pas un accompagnement professionnel en cas de difficultés sociales ou personnelles.
Questions fréquentes
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Comment les chercheurs ont‑ils défini « cool » ?
Ils ont demandé à des participants familiers du sens argotique du terme de penser à des personnes « cool » et d’évaluer divers traits ; l’analyse a isolé des dimensions récurrentes dans ces évaluations.
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Le résultat vaut‑il partout dans le monde ?
L’étude a couvert 12 pays plus la Chine continentale et Hong Kong et révèle une convergence relative, mais elle reste limitée aux populations et aux contextes étudiés.
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Être cool signifie‑t‑il être populaire ?
Il y a un lien entre être perçu comme attirant/novateur et avoir de l’influence, mais « cool » et popularité ne sont pas identiques : la popularité dépend aussi d’autres facteurs sociaux.
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Faut‑il changer sa personnalité pour paraître cool ?
Les données ne prescrivent pas de transformation : l’authenticité et la cohérence avec vos valeurs sont importantes. Adopter quelques comportements sociaux (initiative, fiabilité) peut toutefois modifier la perception.
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La « coolitude » est‑elle liée à l’âge ?
L’étude ne fournit pas de règle générale sur l’âge ici ; les perceptions peuvent varier selon les générations mais la recherche met surtout en avant des dimensions de traits et de comportements.
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Bertrand est un rédacteur passionné par les innovations en beauté et bien-être. Il met en lumière les produits et pratiques qui transforment la façon dont on prend soin de soi.






