À Paris, un hôpital fondé au Moyen Âge vient d’ouvrir une fenêtre sur huit siècles d’histoire : des parchemins, chartes et lettres royales conservés par l’établissement seront montrés au public à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, puis transférés aux Archives nationales. Ces documents, rares pour un fonds hospitalier, racontent à la fois la genèse charitable de l’institution et son évolution jusqu’à son rôle actuel en ophtalmologie.
Sommaire
Pourquoi l’hôpital dit « 15‑20 » est‑il historique ?
L’hôpital connu sous le nom de Quinze‑Vingt remonte au XIIIe siècle, créé pour abriter et prendre en charge les personnes aveugles des rues de Paris. Son origine remonte à l’époque de Louis IX (Saint Louis) et reflète les pratiques de charité médiévale : offrir un toit, un petit pécule et une robe distincte à ceux qui étaient pris en charge.

Au fil des siècles, l’établissement a changé de fonctions et d’emplacement : installé dans l’actuel quartier de la Bastille depuis le XVIIIe siècle, il a été transformé à la fin du XIXe siècle en clinique d’ophtalmologie puis est devenu un hôpital public national spécialisé au XXe siècle. Il accueille toujours aujourd’hui une résidence pour des personnes aveugles ou malvoyantes, prolongeant ainsi sa vocation initiale.
Que contiennent précisément les archives révélées ?
Le fonds comporte plusieurs catégories de documents anciens, dont certains datent du XIIIe et du XIVe siècles. Parmi eux figurent :
- des parchemins médiévaux ;
- des chartes et lettres patentes portant les sceaux de rois de France (de Louis IX à Louis XV) ;
- des bulles papales ;
- le testament attribué à Nicolas Flamel, présent dans le fonds.
Les responsables de l’hôpital et un conservateur des Archives nationales ont souligné la rareté et la richesse de cet ensemble, qui compte plusieurs milliers de documents et registres, un volume inhabituel pour un fonds hospitalier.
Que signifie « 15 x 20 » et pourquoi ce nom ?
Le nom « 15‑20 » vient d’un mode de décompte ancien : le système vicésimal, qui compte par vingtaines. À l’origine, l’hôpital abritait 15 groupes de 20 personnes, soit 300 pensionnaires. Ce chiffre est aussi rappelé par des signes encore visibles sur le porche de l’établissement. Autre détail historique : les pensionnaires portaient une robe ornée de la fleur de lys, signe de protection royale qui leur permettait de mendier sans être inquiétés.
Comment et quand voir ces documents ?
Une sélection inédite de ces documents sera exposée dans la chapelle de l’hôpital lors des Journées européennes du patrimoine, les samedi 20 et dimanche 21 septembre 2025. Il s’agit d’une présentation limitée dans le temps conçue pour permettre au public de découvrir des pièces rarement montrées.

Après cette exposition, l’ensemble du fonds doit être transféré aux Archives nationales où une partie des documents sera numérisée pour consultation publique. Les modalités précises de consultation physique ou en ligne (calendrier, conditions d’accès) seront déterminées par les Archives nationales et communiquées ultérieurement.
Quelle portée pour la conservation et la recherche historique ?
Le transfert vers les Archives nationales signifie plusieurs choses :
- une meilleure conservation sur le long terme grâce aux infrastructures spécialisées ;
- une accessibilité accrue pour les chercheurs et le grand public via la numérisation partielle annoncée ;
- la possibilité d’étudier des pratiques hospitalières, sociales et royales sur plusieurs siècles à partir d’un même fonds.
Ces documents peuvent éclairer des sujets variés : patronage royal, institutions de charité, liens entre pouvoir religieux et pouvoirs civils, évolution des soins pour les personnes aveugles. Il faut toutefois rester prudent : l’intérêt historique est élevé, mais les archives doivent encore être cataloguées et étudiées pour tirer des conclusions scientifiques détaillées.
Tableau récapitulatif des types de documents et de leur destination
| Type de document | Période ou origine | Destination prévue |
|---|---|---|
| Parchemins | XIIIe–XIVe siècles | Transfert aux Archives nationales, numérisation partielle |
| Chartes et lettres patentes | Sceaux royaux (Louis IX → Louis XV) | Conservation aux Archives nationales |
| Bulles papales | Moyen Âge | Transfert et étude archivistique |
| Testament de Nicolas Flamel | — (document présenté comme original) | Exposé puis transféré aux Archives nationales |
Ce qu’il faut retenir pour le visiteur
- La présentation publique est exceptionnelle : ne comptez pas sur une exposition permanente à l’hôpital.
- Après la présentation, la consultation passera par les Archives nationales ; la numérisation facilitera l’accès à une partie des documents.
- Ces pièces offrent un regard direct sur la manière dont une institution caritative médiévale a traversé les siècles pour devenir un établissement médical moderne.
FAQ
- Qu’est‑ce que l’hôpital des 15‑20 ?
C’est une institution fondée au Moyen Âge pour accueillir les personnes aveugles des rues de Paris. Elle a évolué en clinique d’ophtalmologie au XIXe siècle et en hôpital public national au XXe siècle. - Pourquoi l’hôpital s’appelle‑t‑il « 15‑20 » ?
Le nom vient du système vicésimal : 15 groupes de 20 personnes, soit 300 pensionnaires initialement hébergés dans l’établissement. - Quand puis‑je voir ces documents anciens ?
Une sélection est exposée dans la chapelle de l’hôpital lors des Journées européennes du patrimoine les 20 et 21 septembre 2025. Ensuite, le fonds sera transféré aux Archives nationales. - Le testament de Nicolas Flamel est‑il réellement présent dans le fonds ?
Les responsables indiquent que le testament original de Nicolas Flamel figure parmi les documents conservés. La présentation actuelle relève du constat des archivistes et conservateurs présents. - Les archives seront‑elles consultables en ligne ?
Les documents seront « en partie numérisés » après leur transfert aux Archives nationales, selon les responsables : une portion du fonds devrait donc devenir accessible au public en ligne, mais les détails et l’échéancier dépendront des Archives nationales. - Peut‑on consulter physiquement ces documents aux Archives nationales ?
Le fonds sera transféré aux Archives nationales où des conditions de consultation seront établies. Les modalités précises (prises de rendez‑vous, reproduction, accès) seront communiquées par cet établissement.
Etude publiée dans l’Agence France‑Presse (AFP)
Articles similaires
- Comment générer 60 idées de contenus pour réseaux sociaux et booster l’engagement ?
- Premières données nationales sur la santé des femmes trans vivant avec le VIH en France
- Ebola en France : premier cas guéri et sorti de l’hôpital, que sait-on ?
- Première consultation médicale au Québec : comment procéder ?
- Comment GO-after améliore le suivi à long terme des survivants du cancer pédiatrique ?

Emma est une passionnée de bien-être et de santé, spécialisée dans les astuces minceur et le développement personnel.