L’utilisation d’antibiotiques chez les animaux de compagnie évolue rapidement et soulève des inquiétudes pour la santé animale et humaine. Le rapport annuel de l’Anses publié en 2024 met en lumière une hausse marquée de l’emploi de l’association amoxicilline–acide clavulanique chez les chiens et les chats, ainsi que des tendances générales de consommation et de résistance qui méritent d’être comprises par les propriétaires, les vétérinaires et les professionnels de la filière animale.
Sommaire
Pourquoi l’augmentation de l’amoxicilline–acide clavulanique chez chiens et chats est préoccupante
Entre 2011 et 2024, la part de l’association amoxicilline–acide clavulanique parmi les antibiotiques prescrits aux carnivores domestiques est passée d’environ 27 % à 49 %. Cette évolution inquiète parce que, selon l’Anses, cette combinaison favorise la sélection de bactéries résistantes et il s’agit d’une molécule largement utilisée tant en médecine humaine qu’en médecine vétérinaire. Le risque principal est donc l’augmentation de résistances partagées entre espèces, ce qui complique la prise en charge des infections.

Que dit l’Anses sur l’usage global des antibiotiques dans les animaux ?
Les tendances diffèrent fortement selon les types d’animaux. Dans les élevages, l’exposition aux antibiotiques a nettement diminué depuis 2011 : environ -15 % chez les bovins, -51 % chez les lapins, -65 % chez les porcs et -71 % chez les volailles. Pour les chiens et les chats, la trajectoire est plus contrastée : après une légère hausse (+3 %) entre 2022 et 2023, l’exposition a reculé de 12,3 % entre 2023 et 2024.
L’Anses utilise un indicateur nommé ALEA (estimation de la biomasse traitée par rapport à la biomasse potentiellement consommatrice d’antimicrobiens). En 2024, l’ALEA pour les carnivores domestiques était de 0,567, proche de l’objectif fixé dans le plan EcoAntibio 3 (0,546) qui vise une réduction de 15 % de l’exposition des animaux de compagnie sur cinq ans (2023–2028).
Quelles classes d’antibiotiques critiques ont été réduites ?
L’Anses signale des baisses importantes d’exposition pour des familles d’antibiotiques jugées critiques pour la médecine humaine :
- fluoroquinolones : diminution de l’exposition de l’ordre de 87 % (2011–2024) ;
- céphalosporines de 3e et 4e génération (C3G/C4G) : baisse d’environ 95 % sur la même période ;
- colistine : réduction d’environ 81 % entre 2011 et 2024.
En 2024, ces classes ne représentaient que 1,2 % de l’exposition totale aux antibiotiques chez les animaux, un niveau qualifié de « très bas » par l’agence.
Que montrent les données de résistance bactérienne dans la chaîne alimentaire et chez les animaux malades ?
Le suivi national (Résapath) a renforcé sa surveillance en 2024, avec près de 122 000 antibiogrammes réalisés — un volume en hausse d’environ 30 % par rapport à l’année précédente. Parmi les principaux constats :

| Indicateur | Observation |
|---|---|
| Salmonella (chaîne alimentaire) | 87 % des souches sensibles aux antibiotiques ; pas de résistances marquées aux molécules critiques |
| Campylobacter | Résistance aux fluoroquinolones élevée (≈48 %), mais peu de résistances à l’érythromycine |
| E. coli BLSE (volailles, 2022→2024) | Augmentation chez le poulet (≈9,6 % → 19,6 %) et légère hausse chez la dinde (≈7,5 % → 9,8 %) |
| E. coli multirésistantes | Fréquence en baisse chez les animaux de production ; stable chez les animaux de compagnie |
Globalement, l’Anses estime que les résistances aux antibiotiques critiques pour l’humain restent faibles, tant chez les animaux malades que dans la chaîne alimentaire, même si des progrès restent possibles selon les espèces et les contextes.
Quelles recommandations et objectifs pour limiter les risques ?
Parmi les messages de l’Anses figurent :
- préférer l’utilisation d’amoxicilline seule comme traitement initial quand cela est adapté, plutôt que l’association systématique avec l’acide clavulanique ;
- maintenir une vigilance renforcée sur l’utilisation des antibiotiques chez les carnivores domestiques, dans le cadre du plan EcoAntibio 3 (2023–2028) ;
- poursuivre la surveillance via des dispositifs comme Résapath pour suivre l’évolution des résistances et adapter les recommandations.
Ces orientations visent à préserver l’efficacité des antibiotiques essentiels pour la santé humaine et animale en limitant la sélection de souches résistantes.
Points pratiques pour les propriétaires et les professionnels
- Ne jamais administrer un antibiotique à un animal sans prescription vétérinaire ;
- accepter et suivre les recommandations du vétérinaire concernant le choix et la durée du traitement ;
- comprendre que l’objectif n’est pas seulement de réduire les volumes, mais d’utiliser les antibiotiques de manière ciblée et raisonnée.
Important : cet article synthétise les constats et recommandations issus du rapport de l’Anses. Il n’a pas vocation à remplacer un avis vétérinaire personnalisé.
FAQ
- Pourquoi l’association amoxicilline–acide clavulanique pose-t-elle un problème ?
Parce que son usage accru favorise la sélection de bactéries résistantes et qu’il s’agit d’une combinaison fréquemment utilisée en médecine humaine et vétérinaire, augmentant le risque de résistances partagées entre espèces.
- Les résistances chez les animaux menacent-elles la santé humaine ?
Les résistances bactériennes peuvent traverser les barrières entre animaux et humains via la chaîne alimentaire, les contacts directs ou l’environnement. L’Anses souligne toutefois que, pour les antibiotiques critiques, les niveaux de résistance restent globalement faibles aujourd’hui.
- Que signifie l’indicateur ALEA ?
ALEA est une estimation de la biomasse traitée par rapport à la biomasse susceptible de consommer des antimicrobiens ; il sert à suivre l’exposition des animaux aux antibiotiques et les progrès vers les objectifs fixés.
- Les élevages ont-ils réduit leur usage d’antibiotiques ?
Oui : depuis 2011, l’utilisation a nettement diminué dans plusieurs espèces d’élevage (par ex. volailles, porcs, lapins). Dans l’ensemble toutes espèces confondues, une réduction d’environ 50 % par rapport à 2011 a été observée et l’ALEA stagne récemment autour de ce niveau.
- Que faire si mon animal a besoin d’un antibiotique ?
Suivez les instructions de votre vétérinaire. L’Anses recommande de privilégier des prescriptions ciblées et, lorsque c’est possible, l’amoxicilline seule en première intention plutôt que l’association systématique avec l’acide clavulanique.
Etude publiée dans le rapport annuel 2024 de l’Anses sur l’antibiorésistance chez les animaux.
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Emma est une passionnée de bien-être et de santé, spécialisée dans les astuces minceur et le développement personnel.